par Helen Massy-Beresford
LE BOURGET, 17 juin (Reuters) - Alors que les enquêteurs déployés dans l'océan Atlantique comptent le nombre de jours durant lesquels les boîtes noires du vol AF 447 devraient continuer à émettre, l'industrie du transport aérien réfléchit aux moyens d'améliorer la sécurité des vols grâce à l'usage du satellite.
Une "boîte noire" - en réalité le plus souvent orange - contient généralement une copie des conversations des pilotes dans le cockpit et une sauvegarde des informations techniques du vol en cours. Conçue pour résister aux chocs violents, elle émet un signal durant trente jours. Passé ce délai, les informations qu'elle conserve sont perdues.
L'aviation militaire a de son côté recours à l'usage des satellites, lesquels transmettent en temps réel les informations des vols à des stations au sol.
Pour autant, la généralisation de ces communications pour assurer la sécurité des dizaines de milliers de vols civils effectués chaque jour dans le monde pourrait représenter un coût prohibitif.
"Technologiquement, c'est faisable mais c'est impraticable", constate Dan Elwell, vice-président des activités aviation civile à l'association américaine des industries aéronautiques (AIA).
"Il existe des possibilités pour améliorer le flux sortant et entrant des avions", assure Bob Smith, vice-président des technologies avancées du leader mondial de l'électronique de cockpit Honeywell International HON.N , fabricant de la boîte noire de l'avion d'Air France qui s'est abîmé dans l'Atlantique le 1er juin, faisant 228 morts.
De son côté, Bruce Coffey, président de la division des enregistreurs de vol du spécialiste américain de l'électronique de défense L-3 Communications LLL.N , pense que conjuger satellites et boîtes noires permettrait d'améliorer la sécurité.
A ce jour, une seule des boîtes noires fabriquées par sa société a été perdue: celle qui était à bord de l'avion d'American Airlines qui s'est écrasé contre une tour du World Trade Centre de New York le 11 septembre 2001.
Richard Hayden, président du groupe canadien Aeromechanical Services, pense pouvoir résoudre le problème du coût. Il explique que son entreprise a développé un enregistreur capable de compiler des données, de les compresser et d'envoyer au sol 10 fois plus d'informations que celles transmises par satellite.
L'entreprise assure en outre que sa technologie est capable d'envoyer des messages automatiques en continu dès qu'une panne technique se présente à bord, et qu'elle aurait pu donner davantage de détails sur les difficultés rencontrées par l'équipage du vol AF 447.
"Tout ce qu'il nous reste maintenant, c'est une série très courte de messages," a-t-il dit. L'avion d'Air France a émis une série de messages automatiques de maintenance avant de cesser toute communication.
Les communications par satellite en temps réel ne devraient donc pas remplacer les boîtes noires, mais les deux systèmes pourraient être utilisés simultanément.
"Si on n'est pas capable de trouver les boîtes noires, il y aura beaucoup de questions qui restent, pour lesquelles il faudrait avoir des réponses," a ajouté Coffey.
Cependant, les spécialistes veulent des garanties sur la protection des informations.
"Les pilotes sont très sensibles à l'idée que toutes leurs conversations pourraient être enregistrées et envoyées à un endroit distant," explique Elwell de l'AIA.
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(Avec la contribution de Tim Hepher et Niclas Mika, version française Matthias Blamont, édité par Benoît Van Overstraeten)
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